Régime crétois ou pourquoi « Le gras, c’est la vie ! »

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En 2010, l’UNESCO, l’institution des Nations Unies chargée de la culture, a inscrit la « diète méditerranéenne » au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Elle la définit comme « un modèle nutritionnel demeuré constant dans le temps et dont les principaux ingrédients sont l’huile d’olive, les céréales, les fruits et légumes frais ou séchés, une proportion limitée de poisson, des produits laitiers et viande, et de nombreux condiments et épices ».

Un secret ? L’huile d’olive !

On attribue les bienfaits de ce régime à un apport élevé en acides gras monoinsaturés, qui proviennent de l’huile d’olive, et faible en acides gras saturés.

En effet, l’huile d’olive contient 75% d’acide oléique, un acide gras monoinsaturé. C’est l’acide gras le plus présent dans notre corps puisqu’il rentre dans la composition des membranes de nos cellules. Le reste se compose de 15% de graisses saturées, de 9% d’acides gras essentiels, les fameux oméga-3 et oméga-6, ainsi que des antioxydants comme la vitamine E et des composés phénoliques.

Parmi les nombreux effets bénéfiques associés à la consommation d’huile d’olive, nous pouvons citer :

La réduction :

  • des taux de cholestérol total et de mauvais cholestérol (LDL)
  • de l’état inflammatoire
  • de la pression artérielle
  • des dommages liés au stress oxydatif
  • du risque de thrombose (également appelée phlébite)
  • de certains cancers

L’augmentation ou une meilleure régulation :

  • du taux de bon cholestérol (HDL)
  • du métabolisme glucidique (tous les processus responsables de la formation et de la dégradation des sucres dans notre organisme)
  • de l’homéostasie (la capacité de notre organisme à maintenir son équilibre, quelles que soient les contraintes externes)
  • de l’expression des gènes

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Preuves scientifiques

L’ « étude des sept pays » contribua largement à faire connaître au public le régime méditerranéen.

Dirigée par le scientifique américain Ancel Keys, elle a débuté en 1956 et a été publiée en 1970. Elle est la première étude épidémiologique conduite dans plusieurs pays.

Elle démontre que, malgré un apport alimentaire élevé en matières grasses et un système de soins de santé relativement rudimentaire, les habitants des îles grecques de Crète et de Corfou (ainsi que ceux de l’Italie méridionale) jouissent d’une excellente espérance de vie à l’âge adulte, en plus de présenter un taux de maladies coronariennes très faible. L’apport de graisses dans le régime traditionnel de la Crète observé par Keys, s’élève à plus de 40% des calories journalières, dont 8% de graisses saturées, 3% de graisses polyinsaturées et 29% de graisses monoinsaturées apportées par l’huile d’olive.

Le professeur et médecin français Serge Renaud, considéré comme le père du « paradoxe français[1] », s’intéresse à l’étude de Keys. Il met en place une importante étude épidémiologique baptisée « Lyon Diet Heart Study » auprès de deux groupes de 600 patients ayant subi un infarctus du myocarde (autrement dit une crise cardiaque). Elle révèle que les sujets ayant déjà été victimes d’un premier infarctus et qui adoptaient une alimentation de type crétois avaient un taux d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux réduit de 75 %, tandis que le groupe soumis seulement à une diète faible en matières grasses ne connaissait qu’une réduction de 25 %.

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Serge Renaud publie en 2004 un ouvrage de référence à grand succès, Le régime crétois.

Depuis la publication de cette étude dans la très respectée revue médicale The Lancet, en 1994, la popularité de l’alimentation méditerranéenne s’est répandue comme une traînée de poudre dans le monde entier et les études scientifiques ne cessent de prouver son efficacité dans la prévention de nombreuses maladies.

Une des dernières en date, l’étude « PREDIMED », publiée en 2013 dans le New England Journal of Medicine, a été menée en Espagne sur dix ans, avec la participation de 7500 hommes et femmes autour de 60 ans, avec un surpoids moyen et à risque modéré de maladies cardiaques et de diabète. Ces volontaires se sont vu attribuer, au hasard, soit un régime faible en graisses, recommandé par le corps médical dans la plupart des pays occidentaux, soit un régime méditerranéen riche en graisses, avec un supplément d’huile d’olive extra vierge ou de noix.

Le groupe soumis au régime méditerranéen présentait un tiers de moins de pathologies cardio-vasculaires, de diabète et d’accidents vasculaires cérébraux que le groupe au régime faible en graisse. Le groupe consommant un supplément d’huile d’olive s’est légèrement mieux porté que celui supplémenté en noix.

Si les bénéfices sur la santé s’expliquent par un ensemble de choix nutritionnels – plus de fibres, une belle variété de fruits et de légumes, des céréales complètes et des légumineuses, des yaourts et du fromage, de petites quantités de poisson et de viande, du vin rouge, des noix et des graines et de l’huile d’olive de bonne qualité – les auteurs de l’étude pensent que l’huile d’olive constitue le facteur explicatif principal.

Pas n’importe quelle huile d’olive !

Mais attention ! Les variétés les moins chères d’huile d’olive (celles qui sont étiquetées « classiques » ou juste « vierges ») n’ont pas montré de bénéfice sur la santé. L’huile devait être « extra vierge ». La différence entre les qualités d’huile ne réside pas seulement dans un degré d’acidité plus ou moins bas, dans la fraîcheur et la richesse du goût, mais aussi dans la présence de molécules chimiques appelées polyphénols. L’huile d’olive extra vierge, en particulier celle pressée à froid, contient environ 30 polyphénols. Ils agissent comme des antioxydants, réduisant l’inflammation et aidant à limiter les effets de l’âge, particulièrement sur le cœur et le cerveau.

Vous l’aurez compris : (s’)offrir l’huile d’olive vierge extra d’Adravasti c’est faire un cadeau pas uniquement aux papilles mais à tout l’organisme ! 

 

[1] Selon lequel les Français ont des risques statistiques de maladie cardio-vasculaire 3,5 fois inférieur aux Américains grâce à leur consommation modérée de un à trois verres de vin rouge par jour, riche en antioxydant, en dépit d’une consommation équivalente de graisses saturées. Ces déclarations ont un impact retentissant en Amérique du Nord et en Asie et stimulent la communauté scientifique internationale pour des recherches supplémentaires sur ce sujet. Les exportations de vin français quadruplent aux États-Unis…

Et c’est parti !

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Adravasti, c’est un minuscule village à l’extrémité orientale de la Crète. La côte Est de l’île n’est qu’à une dizaine de kilomètres plus avant sur la spectaculaire route qui voit les montagnes tombées dans la Méditerranée. La mer d’Adravasti, elle, n’est pas bleue mais verte. Verte aux reflets argents lorsque le Meltemi, le vent du Nord, souffle dans les branches des oliviers.

Adravasti, c’est une vingtaine habitants qui continuent de cultiver leur potager et de passer à la chaux blanche leurs maisons étroites construites les unes sur les autres à flan de montagne.

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Adravasti, c’est une histoire de famille. Celle de mon oncle qui a quitté les siens à 14 ans pour tenter sa chance à Paris, « en Europe ». Celle d’un village fantasmé qu’il n’a pu retrouver que douze ans plus tard, à la chute de la dictature des colonels

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Adravasti, c’est la chaleur des terrasses sur lesquelles nous courrions pieds nus enfants, l’odeur de l’origan et le goût puissant de l’huile d’olive qui assaisonne tomates et concombres « du jardin ».

Adravasti, c’est l’endroit auquel je rêve lorsque je suis à Paris. Un rêve de simplicité que je souhaiterais faire partager.