Schoïnopentaxophile et autres curiosités étymologiques

Le 9 février nous fêtons la langue grecque et pour rendre hommage à cette langue magnifique voici l’étymologie de mon top 5 des mots français dérivés du grec :


5 . Bostrychomancie
Définition : Divination par l’observation des boucles de cheveux d’un jeune enfant, de leur mouvement au vent et de leur disposition
Composé de βόστρυχος / bóstrukhos « boucle de cheveux » et  μαντεία / manteía « divination »

4. Schoïnopentaxophile
Définition : Collectionneur de cordes destinées à la pendaison 
Composé de σχοῖνος / skhoinos  « corde », πενταξός / pentaxos « quintuple » et φίλος / philos « amateur »

3. Paraskevidékatriaphobie 
Vous avez deviné sa signification ?… Toujours pas ? Alors un petit rébus pour vous aider :

Définition : Phobie du Vendredi treize
Composé de Παρασκευή / paraskevi « vendredi », δεκατρείς / decatreis « treize » et φόϐος / phóbos « peur »

2. Abutyrotomofilogène
Définition : Qui n’a pas inventé le fil à couper le beurre
Composé de a- (privatif) βούτυρο / boútyron « beurre », τέμνειν / tomo « couper », fil, -o et  γένος / génos « race » de γίγνομαι / gígnomai « engendrer »

1. Tétratrichotomie
Définition : En langage xyloglotte (définition :  langue de bois composé de ξύλον / xúloν « bois » et γλῶττα / glôtta « langue »), c’est l’art qui consiste à couper les cheveux en quatre, néologisme inventé par Umberto Eco !
Composé du grec ancien τετρα- / tetra- « quatre », du latin capillus « cheveux », et du grec ancien ἐκτομή / ektomê « coupure »

Et vous, quels sont vos mots français à étymologie grecque préférés ?


Sa Saleté des mouches

Un hiver pluvieux, un printemps fleuri, un été sec : tout était réuni pour une récolte 2019/2020 optimale à la fin de l’automne. Malheureusement, un petit insecte aux ailes transparentes est venu, une fois de plus, gâcher la fête ! 

La mouche de l’olivier est devenue en une dizaine d’années l’ennemi public numéro un des oléiculteurs tout autour de la Méditerranée. Elle pond dans les olives pas encore mûres et peut, en quelques jours seulement, détruire une récolte entière. Une fois que l’olive a été touchée, elle tombe ou est abimée, ce qui nuit considérablement à la qualité de l’huile. 

Cette année, les attaques de mouches sont arrivées relativement tard, au cours du mois d’octobre et ce n’est qu’en récoltant très tôt que certains producteurs – dont le nôtre ! – ont pu sauver une grande partie de leur production. 

Si les dégâts liés au δάκος (nom grec de cette fameuse mouche) sont de plus en plus importants et réguliers, c’est – vous l’avez deviné – la faute au réchauffement climatique. Les étés secs suivis d’un automne relativement froid convenaient beaucoup mieux à la culture de l’olivier. Tandis que ces dernières années, les mois de septembre et octobre se suivent et se ressemblent : un temps estival et de légères précipitations. La combinaison chaleur et humidité, celle que préfère notre ennemi volant, perdure bien trop tard dans la saison, une fois que les olives sont déjà sur les arbres. 

La solution : récolter de plus en plus tôt. Mais c’est tout une économie locale qui doit se réinventer : ses deux piliers, l’olive et le tourisme, tendent à se superposer. D’autant plus que le tourisme vert, celui composé de randonneurs, arrive de plus en plus tard, les saisons touristiques terminant désormais au mois de novembre. Il faut aussi, est ce n’est pas une mince affaire, convaincre les moulins – ou plutôt les présidents de moulins, souvent âgés et très rétifs au changement – d’ouvrir plus tôt. Sans compter que les arômes de l’huile s’en trouvent modifiés. Cela donne une huile avec des notes un peu plus herbacées avec plus d’amertume. Un vrai choix de Sophie, je vous dis !