La liberté ou la mort / Ελευθερία ή θάνατος

 

Le 25 mars 1821 commençait le long chemin vers l’indépendance grecque.

Après quatre siècles d’occupation ottomane, plusieurs sociétés secrètes, les Hétairies, se réunissent en Grèce et à l’étranger pour fomenter une insurrection. Leur objectif est clair : rendre à la Grèce son indépendance. La plus active d’entre elles, la Philiki Etairia, avec à sa tête l’évêque Germanos de Patras est à l’origine du grand soulèvement populaire qui durera près de dix ans.

Les grandes puissances européennes reconnaissent la création de l’État grec avec le Traité de Londres en février 1830 mais laissent en dehors de l’île de Crète, malgré sa participation aux insurrections et la volonté affichée des insurgés crétois de rejoindre le nouvel État. Pour des raisons géopolitiques, les crétois devront attendre plus de quatre-vingt ans pour que la Crète soit officiellement rattachée à la Grèce en 1913.

« La liberté ou la mort » est la devise des insurgés. C’est elle qui se cache derrière le drapeau grec : chacune des neuf syllabes correspond à une des neufs bandes blanches et bleues.

Le 25 mars est un des deux jours férié en Grèce. Au défilé militaire à Athènes se joint celui des enfants en costumes dans toutes les villes et les villages.

Lundi dernier à Sitia, notre producteur Manolis a participé au défilé et à la danse traditionnelle : C’est le danseur à droite sur la photo !

Il pleut (beaucoup) / βρέχει (πολύ)

Alors que vous avez probablement passé une bonne partie du mois de février lunettes de soleil sur le nez, une fois n’est pas coutume, la situation en Crète a été bien différente.

Si je vous parle souvent de météo dans cette lettre, ce n’est pas pour faire la conversation mais bien parce qu’il s’agit d’un sujet pour le plus sérieux et déterminant pour nos oliviers. Il est d’ailleurs temps de faire intervenir un peu d’arithmétique :

  • Depuis le 1er janvier, il a plu 546 litres par mètres carré autour de Sitia. 
  • Sachant que chaque olivier occupe un espace d’environ 6m2, chacun a donc reçu 3 276 litres d’eau.
  • Rapporté à l’arrosage goutte à goutte, ces 3 276 litres représentent près de 34 jours d’arrosage continu !

Si vous n’êtes toujours pas convaincu.e du caractère exceptionnel de la situation, une simple comparaison finira cette démonstration: la ville la plus pluvieuse de France, Bayonne, a eu une pluviométrie de 397 mm sur les 2 derniers mois, soit près de 40% de moins ! (J’en profite pour saluer Jean-François, Camille et Steeven, nos parrains et marraines bayonnais.es).

Conséquence à court terme, la taille des oliviers a été décalée de quelques semaines. Le temps humide rend le travail de cicatrisation plus compliqué pour l’arbre, il vaut donc mieux attendre que le soleil soit de retour.

Sur le moyen terme, ces pluies sont évidemment une excellente nouvelle pour la future récolte. Les pluies de l’hiver, celles qui arrivent avant la floraison, sont très précieuses pour les oliviers.L’olivier gorgé d’eau est dans sa meilleur forme pour former des belles fleurs bien accrochées qui pourront après donner naissance au fruit : nos fameuses olives!

Voilà pour le positif. Malheureusement, ces fortes pluies ont aussi provoqué des dégâts importants. De l’autre côté de l’île de Crète, à côté de Chania, les pluies ont été particulièrement dévastatrices. Voici une vidéo du pont de Keritis à Alikianos datant de 1908 qui s’effondre en direct à la télévision (0:50).

Alors que le gouvernement promet une enveloppe exceptionnelle dédiée aux reconstructions, les initiatives citoyennes se multiplient elles aussi. À l’image de la lettre reçue par la municipalité de Platanias d’un groupe de migrants albanais qui se portent volontaires pour restaurer le pont de Keritis.

Voici le lien vers l’article : Albanian migrants volunteer to help restore historic bridge in Chania

Merci à Jean-Pierre d’avoir attiré mon attention sur cet épisode peu commun. 

Pauline Pérol

 

Ma cousine Pauline, c’est celle qui est derrière tout ce qui est beau,
en ce qui concerne Adravasti en tous cas.

Graphiste talentueuse, elle est diplômée de l’École de Design de Nantes. Fascinée par l’Asie, elle vit et travaille à Hong-Kong, après une étape de deux ans à Shanghai et une escale à Bali.

 

C’est elle qui a dessiné le logo d’Adravasti (que j’aime comme au premier jour) :

Et à peu près tout ce que qui se trouve dans vos colis :

Il était temps de lui rendre un petit hommage !